Une monnaie libre pour répondre à des enjeux fondamentaux

Marie-Berthe Ranwet vit en Belgique. D’abord professeur en mathématique, elle est aujourd’hui licenciée en psychologie et sophrologue. Nous l’avons rencontrée lors des 9èmes Rencontres de la Monnaie Libre, au Havre. Elle nous livre ici sa réflexion sur la monnaie libre.

Témoignage

De nombreux commerces locaux ont mis la clé sous la porte !

« Après le départ des grandes entreprises, notre région s’est appauvrie. Le pouvoir d’achat s’est effondré et le peu qui en reste est dépensé dans les temples de la consommation que sont les zones commerciales créées à l’entrée de toutes nos petites villes provinciales. La monnaie s’accumule donc sur les comptes des grandes surfaces et part en grande partie ailleurs : achat de produits à bas prix venus de loin, rémunération des actionnaires et des grands patrons… Il ne reste que quelques salaires pour les employés locaux qui à leur tour dépenseront dans les mêmes magasins. De nombreux commerces et enseignes locaux ont mis la clé sous la porte. Le nombre de chômeurs et d’allocataires sociaux augmente de jour en jour et les politiques nous répètent qu’« il n’y a pas de travail », qu’il faut diminuer les charges des entreprises et déréguler le travail, renoncer à nos droits sociaux pour que de la monnaie soit réinjectée dans la région. C’est faux ! Il y a du travail.

Nous avons tous des compétences. Nous sommes tous capables de produire des biens et des services que nous pourrions échanger… Mais pour les proposer nous devons entrer dans un système tellement complexe que nous avons bien souvent plus à perdre qu’à gagner. De plus, nous ne sommes pas certains qu’il y aura des personnes suffisamment fournies en monnaie pour créer une demande de ce que nous offrons. Combien sommes-nous à rester bloqués dans une situation frustrante ? Impuissants, nous renonçons à développer nos savoirs et nos savoir-faire, nous attendons qu’ON nous donne un travail ! Mais les ON qui ont de la monnaie à investir ne le font pas dans notre région. Bref, il ne circule pas assez de monnaie chez nous pour que chacun de nous puisse s’offrir les biens et les services qui attendent preneurs.

Nous avons besoin de mesurer la valeur de nos échanges.

De quoi avons-nous besoin pour échanger entre nous et pour relancer l’économie locale et les circuits courts ? D’une bonne pluie rafraîchissante ! D’une injection de liquidité ! Peu importe laquelle tant que ces liquidités sont reconnues par la communauté !

En effet, pour relancer l’économie locale, nous avons besoin de mesurer la valeur de nos échanges. Pour laisser partir un de mes biens ou pour rendre un service, j’ai besoin de savoir ce que je peux espérer avoir en échange. J’ai besoin d’être certaine qu’avec la preuve que j’ai donné quelque chose de telle valeur, je pourrai m’offrir d’autres choses pour une valeur équivalente.

Pourquoi ne pas imaginer une autre monnaie ?

Une monnaie qui nous permette de retrouver notre liberté d’avoir accès aux ressources, de produire et d’échanger dans une monnaie…

Comment cela fonctionne-t-il ?

Il n’y a plus de banquier, mais un programme informatique conçu de telle sorte qu’un humain ni aucun robot ne puisse changer les règles (www.duniter.org).

Ce programme génère pour chaque membre un revenu de base quotidien appelé DU (dividende universel). Cette somme sera la même pour tous les membres dans l’espace et dans le temps. Les membres tissent une toile de confiance. Pour devenir membre, il faut avoir été certifié par 5 autres membres. »

Marie-Berthe Ranwet

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