Les dixièmes Rencontres des Monnaies Libres (RML10) se sont déroulées du 23 au 26 novembre 2017, à Montpellier. Des membres du Sou y étaient !
Marché et repas en Ğ1
La 1ère monnaie libre étant lancée, ces rencontres se sont portées sur les usages de la Ğ1 (prononcez « la june » !). Aussi bien pendant les 2 journées techniques (outils de suivi de la Toile de Confiance, monitoring de la monnaie, etc.) que les 2 journées grand public (beaucoup de questions autour des usages, ventes aux enchères en Ğ1, etc.).
Tout au long de ces rencontres, les repas du midi ont pu être achetés en Ğ1 (merci au restaurateur, vraiment au top !). Un marché, certes modeste, a permis des échanges bien réels. L’occasion de comprendre, finalement, que les usages d’une monnaie libre n’ont pas de limite. Du vélo au violon en passant par des livres, des smartphones jusqu’au repas : tout est possible !
A l’entrée, dans le but de favoriser les « monnayeurs libérés » face aux incrédules ou indécis, un bureau de change permettait de changer des « Unités Non Libres » (telle la monnaie à Emission Unilatérale Remboursable et Opaque) contre des Ğ1.
Journées « techniques » (jeudi & vendredi)
Près d’une vingtaine d’informaticiens ont répondu présent, dans le but de se former et de renforcer l’équipe de développement, encore trop peu nombreuse.
Le niveau technique s’élève : après plusieurs participations aux RML, quelques nouveaux contributeurs se sont lancés et ont présenté leurs outils ou études :
- Florian, qui a travaillé activement sur la migration du code de Duniter vers un serveur plus indépendant (et libre !);
- Gérard, avec un nouvel outil de prévision des entrées dans la toile de confiance;
- Smyds, avec une étude sur la détection des faux comptes (lutte contre les « attaqutes Sybil« );
- Millicent, avec un nouveau outil de visualisation de la toile de confiance (en « bu-bulles », comme dirait Yannick du Mans !)
Du côté de l’atelier dédié à Cesium (un logiciel de gestion de portefeuille), on constate également une hausse de fréquentation (cf. photo ci-dessous). Les participants ont réussi à lancer et répliquer les données hors BlockChain, utilisées par Cesium+, telles que les profils utilisateurs, les messages privés, etc. Ces installations vont permettre une décentralisation réelle, augmentant la résilience et la confiance par une gestion P2P (Pair-à-pair).
Après les conférences et ateliers du vendredi après-midi, les échanges continuent, souvent en binôme partageant le même intérêt ou questionnement sur la monnaie libre :
Vous êtes informaticien et avez loupé une conférence ? Pas de panique !
Toutes les conférences techniques sont disponibles ici en vidéo >>
Journées « grand public » (samedi & dimanche)
Le samedi, 2 jeux Ğeconomicus ont été organisés, suivis d’une vente aux enchères en soirée.
Jeu Ğeconomicus « classique ».
23 joueurs ont participé aux deux parties : monnaie dette puis monnaie libre, simulées sur 80 ans.
Résultats
Sans surprise, la banque gagne la partie monnaie dette :
Dans la partie monnaie libre, l’écart riches / pauvres est notablement plus réduit, avec une nette augmentation des richesses créées (moyenne des valeurs créées en rouge) :
Le fichier des résultats du jeu Ğeconomicus « classique » est téléchargeable ici >>
A noter que, suite à un plantage d’ordinateur (saisie centralisée = risque !), certains joueurs n’ont pas été entièrement comptabilisés. Ils ont été retirés du second graphique, faute de résultat complet.
Jeu Ğeconomicus « confrontation »
Simultanément, un autre groupe de joueurs a testé une nouvelle version du jeu, nommée « confrontation », simulant une économie avec à la fois de la monnaie dette et de la monnaie libre. Donc certains joueurs utilisent la monnaie dette, d’autres la monnaie libre.
La monnaie libre serait bénéfique non seulement pour ses membres, mais également pour toute la société.
Ce jeu était avant tout une expérimentation. Les résultats ont montré que les usagers de la monnaie libre ont créé plus de richesses. Cependant, les usagers de la monnaie dette ont également profité de cette nouvelle quantité de monnaie. En d’autres termes, il est possible de conjecturer que la monnaie libre sera bénéfique non seulement pour ses membres (co-producteurs de monnaie), mais également pour toute la société.
Le fichier des résultats du jeu Ğeconomicus « confrontation » est téléchargeable ici >>
Atelier de formation à la TRM
Un atelier de formation à la Théorie Relative de la Monnaie (TRM) était également possible, pour ceux ayant déjà joué au jeu. Pour rappel, la TRM est à la base du concept de monnaie libre.
Vente aux enchères.
Du vélo au violon en passant par un Monopoly, de nombreux lots ont été vendus.
Les participants ont dépensé un grand nombre de Ğ1. Le but était surtout de montrer que la fixation des prix en monnaie libre peut se faire comme dans n’importe quelle communauté monétaire : en fonction des besoins de chacun, et de l’offre qui se trouve en face.
Et l’ambiance alors ?
Au-delà de la technique et des résultats des jeux, l’important se situait aussi dans les échanges inter-personnels : ici on s’encourage, là on se passe des astuces (sur les jeux, les réseaux locaux, la communication avec les professionnels, etc.).
De ce point de vue, c’est certain : la réussite était totale !
Bref, nous y retournerons ! Les prochaines RML se dérouleront à Douarnenez, du 24 au 27 mai 2018.
Auteurs : Mireille Grygiel et Benoit Lavenier